
La flambée de votre facture Hydro-Québec chaque hiver n’est pas une fatalité, mais le symptôme d’une enveloppe thermique défaillante.
- Les fuites d’air invisibles sont souvent plus coûteuses en chauffage que le manque d’isolation.
- La gestion de l’humidité via l’échangeur d’air est aussi cruciale que l’isolation pour protéger la structure de votre maison.
Recommandation : Avant d’investir massivement en isolation, la première étape est de quantifier l’étanchéité de votre maison avec un test d’infiltrométrie (porte soufflante). C’est le seul moyen de prioriser les bons travaux.
Chaque année, c’est le même rituel pour les propriétaires de maisons ou de plex à Montréal. Le froid s’installe, le vent siffle et le thermostat grimpe en même temps que l’anxiété à l’idée de recevoir la prochaine facture d’Hydro-Québec. Votre premier réflexe est peut-être de vous ruer sur les coupe-froid, les pellicules plastiques pour fenêtres ou de simplement baisser le chauffage en enfilant une laine de plus. Ces gestes, bien qu’utiles, ne sont souvent que des pansements sur une hémorragie énergétique bien plus profonde.
Le confort thermique et les économies d’énergie ne se résument pas à une série d’actions isolées. La véritable solution réside dans une compréhension globale de votre maison, non pas comme un assemblage de murs et de fenêtres, mais comme un système vivant : une enveloppe thermique. Chaque élément — fondations, murs, toiture, fenêtres et ventilation — interagit. Une faiblesse dans un domaine peut annuler les efforts consentis ailleurs. L’erreur la plus commune est de se concentrer uniquement sur la valeur R de l’isolation, en ignorant les deux autres piliers : l’étanchéité à l’air et la gestion de l’humidité.
Mais alors, par où commencer ? Comment transformer une passoire énergétique en un cocon confortable et économe ? Cet article abandonne les conseils de surface pour vous plonger au cœur de la science du bâtiment adaptée au climat québécois. Nous allons décortiquer, point par point, les zones critiques de votre maison, vous donner les outils pour poser les bons diagnostics et vous guider vers les solutions les plus rentables, subventions à l’appui.
Ce guide est votre plan de match pour reprendre le contrôle. Des fissures dans vos fondations aux réglages fins de votre échangeur d’air, découvrez comment chaque intervention contribue à un système global performant, capable d’affronter les froids polaires sans faire fondre votre portefeuille.
Sommaire : Protéger sa maison du froid extrême : le guide complet pour les propriétaires québécois
- Pourquoi le gel intense fissure vos fondations et comment l’éviter ?
- Comment repérer les fuites d’air invisibles sans équipement professionnel coûteux ?
- Convecteurs ou thermopompe murale : quel choix pour une pièce froide au sous-sol ?
- L’erreur d’isolation des tuyaux qui inonde 15% des sous-sols montréalais
- Quand et comment ajuster votre échangeur d’air pour éviter la condensation dans les fenêtres ?
- Pourquoi le test de la porte soufflante est-il la première étape indispensable avant d’isoler ?
- Quels travaux d’isolation sont réellement couverts par le programme LogisVert d’Hydro-Québec ?
- Comment atteindre la cote énergétique d’une maison neuve avec un bâtiment de 1950 ?
Pourquoi le gel intense fissure vos fondations et comment l’éviter ?
Le plus grand ennemi de vos fondations en hiver n’est pas le froid lui-même, mais son complice : l’eau. Lorsque le sol gorgé d’eau autour de votre maison gèle, il prend de l’expansion. Cette force, appelée « poussée de gel », est immense et exerce une pression colossale sur les murs de votre sous-sol, pouvant causer des fissures, des infiltrations et des dommages structurels coûteux. Ce phénomène est particulièrement préoccupant dans les zones où le sol est argileux, car l’argile retient énormément l’humidité. Au Québec, c’est un enjeu majeur, car près de 15% des sols dans les régions les plus habitées sont constitués d’argile, rendant des milliers de maisons vulnérables.
La clé pour prévenir ces dommages n’est donc pas de réchauffer le sol, mais de le garder aussi sec que possible. La stratégie consiste à gérer l’eau en surface pour l’empêcher de saturer le sol contre vos murs de fondation. Un bon drainage est votre meilleure police d’assurance. Chaque automne, une inspection et quelques gestes simples peuvent vous éviter des maux de tête printaniers. Assurez-vous que la pente du terrain s’éloigne de la maison sur au moins deux mètres et que les descentes de gouttières dirigent l’eau loin, très loin de la base du bâtiment.
Les margelles de fenêtres de sous-sol sont une autre zone critique. Souvent remplies de feuilles et de débris, elles se transforment en petits aquariums qui saturent le sol juste à côté de votre fondation. Un nettoyage automnal est impératif. La logique est simple : pas d’eau stagnante près des fondations, c’est moins de pression de gel et moins de risques de fissures. C’est la première étape, fondamentale, pour protéger l’intégrité de votre enveloppe thermique par le bas.
Plan d’action préventif pour protéger vos fondations
- Gestion des eaux de pluie : Installer des rallonges de gouttières d’au moins 2 mètres pour éloigner l’eau des fondations et vérifier que toutes les descentes pluviales dirigent l’eau loin du bâtiment.
- Correction de la pente : Vérifier que le terrain le long des murs de la maison a une pente positive (s’éloigne de la maison) pour assurer un drainage de surface efficace. Une attention particulière doit être portée aux zones de jonction avec les murs mitoyens.
- Nettoyage et inspection : Nettoyer méticuleusement les margelles de fenêtres à l’automne, en retirant tous les débris. Profitez-en pour inspecter visuellement vos murs de fondation et colmater les petites fissures visibles avec un produit de réparation pour béton.
Comment repérer les fuites d’air invisibles sans équipement professionnel coûteux ?
Vous avez l’impression de chauffer l’extérieur ? C’est probablement le cas. Les fuites d’air, ou infiltrations, sont le voleur d’énergie numéro un dans la plupart des maisons québécoises. Elles peuvent représenter jusqu’à 25% de votre facture de chauffage. Ces fuites se cachent partout : autour des cadres de fenêtres et de portes, des prises électriques, des luminaires encastrés, et surtout, à la jonction entre les fondations et les murs (la solive de rive). L’air chaud, plus léger, monte et s’échappe par le haut de la maison (effet de cheminée), créant une pression négative qui aspire l’air glacial par toutes les ouvertures en bas. Le résultat est un courant d’air constant, des planchers froids et un système de chauffage qui tourne sans arrêt.
Avant de penser à un test d’infiltrométrie professionnel (nous y reviendrons), il existe une méthode simple et étonnamment efficace pour jouer les détectives de fuites : le test du bâton d’encens. Par une journée froide et venteuse, fermez toutes les fenêtres, portes et éteignez votre échangeur d’air. Allumez un bâton d’encens et promenez-le lentement le long des zones suspectes. Observez la fumée : si elle est aspirée horizontalement vers une fente ou si elle tourbillonne frénétiquement, vous venez de trouver une fuite d’air.

Comme le montre cette image, le filet de fumée est un indicateur visuel implacable du mouvement de l’air. C’est une technique simple, mais son efficacité est prouvée. Une fois les fuites identifiées, le colmatage avec du scellant acoustique (plus flexible que le silicone) et des coupe-froid devient une opération chirurgicale et non plus une estimation à l’aveugle.
Étude de cas : Le colmatage méthodique de la maison Edelweiss
Lors de la construction de la maison Edelweiss, certifiée LEED Platine, un premier test d’infiltrométrie a révélé un taux de 1,1 changements d’air par heure (CAH). Une équipe de quatre personnes a ensuite passé plus d’une heure à traquer et colmater les fuites identifiées, principalement avec du ruban adhésif spécialisé et du scellant, en utilisant un crayon fumigène (similaire à l’encens). Un second test a montré que le taux était descendu à 0,64 CAH, soit une amélioration de l’étanchéité de près de 42%. Cela démontre que la détection et le colmatage méticuleux des fuites ont un impact direct et mesurable sur la performance de l’enveloppe thermique.
Convecteurs ou thermopompe murale : quel choix pour une pièce froide au sous-sol ?
Le sous-sol est souvent la pièce la plus difficile à chauffer : contact avec le sol froid, humidité potentielle et souvent, un manque de conduits de chauffage central. Face à une « chambre froide », le premier réflexe est d’acheter un convecteur ou une plinthe électrique. C’est une solution simple et peu coûteuse à l’achat, mais qui peut se révéler très énergivore sur le long terme. Pourquoi ? Parce que le chauffage par résistance électrique (convecteurs, plinthes) a un coefficient de performance (COP) de 1. Cela signifie que pour 1 kWh d’électricité consommé, il produit 1 kWh de chaleur. C’est efficace, mais sans aucun gain.
La thermopompe murale, même si son coût d’installation est plus élevé, fonctionne sur un principe radicalement différent. Elle ne « crée » pas de chaleur, elle la « déplace ». Même par temps très froid, il y a des calories (de l’énergie) dans l’air extérieur. La thermopompe les capte et les transfère à l’intérieur. Ce processus lui permet d’atteindre un COP bien supérieur à 1. Par exemple, comme le confirment les données de Ressources naturelles Canada, même à -8.3°C, le coefficient de performance des thermopompes est généralement de 2.3. Cela signifie que pour 1 kWh consommé, elle produit 2.3 kWh de chaleur. Vous chauffez donc plus de deux fois plus efficacement qu’avec une plinthe.
Bien sûr, cette efficacité diminue avec la température. Mais les modèles modernes, dits « grand froid », sont conçus pour le climat québécois et restent performants même à -25°C ou -30°C, où ils conservent un COP supérieur à 1.5. Le choix dépend donc de votre usage. Pour un chauffage d’appoint très occasionnel, un convecteur peut suffire. Mais pour chauffer une pièce de vie au sous-sol tout l’hiver, l’investissement dans une thermopompe murale sera rapidement rentabilisé par les économies sur votre facture d’électricité.
Le tableau suivant, basé sur une analyse d’Écohabitation, illustre clairement l’avantage financier d’une thermopompe par grand froid. À -25°C, chauffer une heure avec un modèle grand froid coûte presque deux fois moins cher qu’avec un convecteur.
| Type de chauffage | COP à -5°C | COP à -15°C | COP à -25°C | Coût/heure à -25°C* |
|---|---|---|---|---|
| Convecteur moderne | 1.0 | 1.0 | 1.0 | 0,73 $ |
| Thermopompe standard | 2.8 | 2.0 | 1.2 | 0,61 $ |
| Thermopompe grand froid | 3.3 | 2.3 | 1.8 | 0,41 $ |
L’erreur d’isolation des tuyaux qui inonde 15% des sous-sols montréalais
Chaque printemps, les plombiers de Montréal sont débordés par des appels pour des dégâts d’eau au sous-sol. La cause ? Un tuyau qui a gelé et éclaté pendant l’hiver. Si le risque du robinet extérieur laissé ouvert est bien connu, l’erreur la plus sournoise se produit à l’intérieur même des murs ou des planchers. Cette erreur consiste à isoler uniquement les tuyaux d’eau chaude en pensant bien faire, tout en négligeant les tuyaux d’eau froide qui passent à proximité. Pire encore, on isole parfois mal un mur extérieur, laissant un tuyau d’eau froide exposé à un micro-climat glacial derrière le placoplâtre.
Le scénario est simple : un tuyau d’eau froide non isolé longe une solive de rive (la poutre de bois qui repose sur le haut des murs de fondation) mal scellée. L’air à -20°C s’infiltre, et l’eau stagnante dans le tuyau finit par geler. La glace prend de l’expansion et fissure le cuivre ou le PEX. Au redoux, la glace fond et c’est l’inondation garantie. Le coût des réparations dépasse alors de très loin celui de quelques manchons isolants et d’un peu de calfeutrage.

La protection efficace ne consiste pas seulement à enfiler des manchons en mousse sur tous les tuyaux visibles. Elle nécessite une approche stratégique, en identifiant les zones où la plomberie est la plus vulnérable au froid. Il faut cartographier mentalement le parcours de vos tuyaux et le croiser avec les points faibles de votre enveloppe thermique.
Pour vous aider, voici les zones les plus critiques à inspecter dans un duplex ou triplex typique de Montréal :
- Zone 1 (Le classique) : Le robinet extérieur. Il est impératif de fermer la valve d’arrêt intérieure et de vider complètement le tuyau en laissant le robinet extérieur ouvert avant les premiers gels.
- Zone 2 (Le piège de l’agrandissement) : Les tuyaux passant dans le vide sanitaire, souvent sous une extension arrière (cuisine, salle de bain). Cet espace est non chauffé et exposé. Une isolation soignée des tuyaux et du plancher est essentielle.
- Zone 3 (L’infiltrant) : Les tuyaux qui longent la solive de rive, particulièrement dans les coins. C’est un pont thermique majeur. Sceller les fuites d’air à la jonction fondation/mur et isoler est une priorité.
- Zone 4 (Le mur froid) : Toutes les conduites, surtout d’eau froide, qui sont fixées contre un mur de fondation en béton non isolé.
- Zone 5 (Le hors-gel) : Les tuyaux dans les espaces non chauffés comme un garage attenant. Si l’isolation est impossible, l’utilisation de câbles chauffants autorégulants est une solution fiable.
Quand et comment ajuster votre échangeur d’air pour éviter la condensation dans les fenêtres ?
Vous avez calfeutré vos fenêtres et scellé les fuites d’air. Votre maison est maintenant bien étanche. Bravo ! Mais vous venez de créer un nouveau problème potentiel : l’emprisonnement de l’humidité. La respiration, la cuisine, les douches… toutes ces activités génèrent de la vapeur d’eau. Dans une maison qui « respire » mal, cette humidité n’a nulle part où aller. Elle va donc se condenser sur les surfaces les plus froides : les coins des fenêtres. C’est ce qu’on appelle atteindre le point de rosée. Au début, c’est de la buée. Puis des gouttelettes. Puis de la glace. Et enfin, de la moisissure noire sur les cadres de fenêtres et les murs, un risque pour la santé et l’intégrité du bâtiment.
C’est là que l’échangeur d’air (ou VRE, ventilateur récupérateur d’énergie) entre en jeu. Son rôle est crucial : évacuer l’air vicié et humide de l’intérieur et le remplacer par de l’air frais de l’extérieur, tout en récupérant une grande partie de la chaleur. Mais il ne doit pas fonctionner n’importe comment. Le laisser en continu par grand froid peut sur-assécher l’air intérieur (ce qui est inconfortable) et faire grimper votre facture de chauffage. Le laisser à l’arrêt, et c’est la condensation assurée.
L’ajustement de votre échangeur d’air doit être dynamique et suivre la température extérieure. Plus il fait froid dehors, plus l’air intérieur doit être sec pour éviter la condensation. La plupart des contrôles muraux modernes ont des réglages comme « 20 min/heure », « Continu » ou « Recirculation ». Votre mission est de devenir le pilote de votre qualité d’air. Le tableau suivant est votre guide de référence pour tout l’hiver.
| Température extérieure | Humidité intérieure maximale | Mode échangeur d’air recommandé |
|---|---|---|
| 0°C à -10°C | 40-45% | Échange intermittent (15-20 min/heure) |
| -10°C à -20°C | 30-35% | Échange intermittent (20-30 min/heure) |
| -20°C à -30°C | 25-30% | Échange continu le jour / Recirculation la nuit |
| Sous -30°C | 20-25% | Recirculation avec échanges minimaux (juste après douches/cuisine) |
Comme le résume parfaitement l’expert en bâtiment Jean-Michel Chénier sur les ondes de Radio-Canada :
Plus vous isolez et calfeutrez votre maison, plus l’ajustement précis de votre échangeur d’air devient crucial pour évacuer l’humidité et prévenir la moisissure.
– Jean-Michel Chénier, Chronique sur la préparation hivernale à Radio-Canada
Pourquoi le test de la porte soufflante est-il la première étape indispensable avant d’isoler ?
Parce qu’isoler une maison qui fuit, c’est comme mettre un manteau d’hiver neuf mais laisser la fermeture éclair grande ouverte. Le test d’infiltrométrie, plus connu sous le nom de « test de la porte soufflante », est le diagnostic qui quantifie l’ennemi invisible : les fuites d’air. Il mesure précisément à quel point votre maison est « perforée ». Un technicien installe une bâche avec un puissant ventilateur dans le cadre d’une porte extérieure. Le ventilateur aspire l’air de la maison, créant une dépressurisation. L’air extérieur s’engouffre alors par toutes les fissures, même les plus infimes, que le technicien peut repérer avec une poire à fumée ou une caméra infrarouge.
Le résultat du test est un chiffre : les changements d’air par heure (CAH). C’est le nombre de fois que le volume d’air total de votre maison est remplacé par de l’air extérieur en une heure. Une maison neuve certifiée Novoclimat vise 1.5 CAH ou moins. Or, la moyenne des constructions actuelles en Amérique du Nord se situe autour de 3 renouvellements d’air par heure (3 CAH). Pour une maison plus ancienne et non rénovée, ce chiffre peut facilement monter à 5, 7, voire 10 CAH. Cela signifie que vous chauffez un volume d’air qui est complètement remplacé par de l’air glacial plusieurs fois par heure.
Faire ce test avant d’isoler est indispensable pour deux raisons. Premièrement, il vous donne un plan d’action précis. Le rapport identifie les pires fuites, vous permettant de concentrer vos efforts (et votre budget) là où le retour sur investissement est le plus grand. Sceller ces fuites est souvent bien moins cher et plus efficace que d’ajouter 6 pouces d’isolant partout. Deuxièmement, ce test est la porte d’entrée obligatoire pour de nombreux programmes de subventions comme Rénoclimat, qui peuvent alléger considérablement la facture de vos travaux.
Étude de cas : L’impact financier des fuites d’air
Une inspection de 50 maisons neuves réalisée par le magazine Protégez-vous a révélé une réalité choquante : en raison de fuites d’air non détectées, certaines de ces habitations neuves gaspillaient jusqu’à 500 $ d’énergie par année. Le test d’infiltrométrie est le seul outil qui permet d’identifier ces points faibles avec certitude. En priorisant les travaux de calfeutrage avant l’isolation, les propriétaires peuvent obtenir un retour sur investissement rapide, d’autant plus que le coût du test lui-même (quelques centaines de dollars) est souvent subventionné dans le cadre des programmes Rénoclimat et LogisVert.
Quels travaux d’isolation sont réellement couverts par le programme LogisVert d’Hydro-Québec ?
Naviguer dans les programmes de subventions peut sembler complexe, mais c’est une étape cruciale pour rentabiliser vos rénovations énergétiques. Depuis mai 2024, le paysage a changé. Le volet « isolation » est principalement géré par le programme Rénoclimat (gouvernement du Québec), qui travaille de concert avec le programme LogisVert d’Hydro-Québec, ce dernier se concentrant davantage sur l’installation d’équipements efficaces comme les thermopompes. Cependant, pour être admissible, la démarche est la même : tout commence par une évaluation énergétique Rénoclimat avant les travaux.
L’aide financière pour l’isolation n’est pas accordée pour n’importe quel travail. L’objectif est de récompenser les améliorations significatives. Ajouter un peu d’isolant dans un grenier déjà passablement isolé ne vous qualifiera pas. Le programme vise des gains substantiels de valeur R et cible des surfaces minimales. Par exemple, pour l’isolation du toit, il faut généralement couvrir au moins 20% de la surface et atteindre une valeur R-50 minimale. Le montant de l’aide varie ensuite en fonction de la surface isolée et de l’amélioration de la cote ÉnerGuide de votre maison.
Le tableau suivant, adapté des critères généraux des programmes, donne une idée des travaux typiquement admissibles et des conditions à respecter. Gardez en tête que les montants et conditions précis sont déterminés par votre rapport d’évaluation personnalisé.
| Type de travaux | Admissible | Conditions typiques | Montant d’aide possible |
|---|---|---|---|
| Isolation du toit/entretoit | Oui | Passer de R-12 à R-50 min. (sur 20% de la surface min.) | Jusqu’à 1 500 $ |
| Isolation des murs extérieurs | Oui | Minimum 20% de la superficie totale des murs | Jusqu’à 3 750 $ |
| Isolation des fondations | Oui | Isoler au moins 20% de la surface du mur de fondation | Variable selon surface |
| Isolation d’un toit déjà à R-30 | Non | L’amélioration n’est pas jugée assez significative | 0 $ |
| Installation de thermopompe | Oui | Doit figurer sur la liste des modèles admissibles LogisVert | Variable selon le modèle |
Votre feuille de route pour maximiser les subventions
- Inscription préalable : Inscrivez-vous obligatoirement au programme Rénoclimat AVANT de signer tout contrat ou de commencer les travaux.
- Évaluation initiale : Faites réaliser l’évaluation énergétique initiale par un conseiller Rénoclimat, incluant le test d’infiltrométrie.
- Analyse du rapport : Recevez votre rapport personnalisé qui identifie précisément les travaux admissibles et les montants d’aide potentiels. C’est votre plan de match.
- Obtention des devis : Obtenez au moins trois soumissions d’entrepreneurs certifiés pour les travaux recommandés dans le rapport.
- Réalisation des travaux : Faites exécuter les travaux en respectant les recommandations (matériaux, valeur R, etc.).
- Évaluation finale : Une fois les travaux terminés, une seconde évaluation confirme les améliorations et la nouvelle cote ÉnerGuide.
- Réception de l’aide : Vous recevez l’aide financière combinée des programmes provincial (Rénoclimat) et parfois fédéral (Subvention canadienne pour des maisons plus vertes), qui peut atteindre des montants significatifs.
Les points essentiels à retenir
- L’étanchéité à l’air est votre priorité. Un test d’infiltrométrie avant toute chose n’est pas une dépense, c’est un investissement qui guide toutes les autres décisions.
- La gestion de l’humidité est le corollaire d’une bonne étanchéité. Maîtriser son échangeur d’air est aussi important que d’ajouter de l’isolant pour protéger la structure.
- Les subventions (Rénoclimat, LogisVert) sont un levier financier puissant, mais exigent de suivre un processus strict, en commençant toujours par l’évaluation énergétique AVANT les travaux.
Comment atteindre la cote énergétique d’une maison neuve avec un bâtiment de 1950 ?
Transformer un bâtiment des années 50, souvent un plex au charme certain mais à l’efficacité énergétique d’une autre époque, en une habitation performante rivalisant avec une construction neuve peut sembler une montagne. Pourtant, c’est tout à fait possible grâce à une approche systémique appelée « Deep Energy Retrofit » (rénovation énergétique en profondeur). L’objectif n’est plus de « patcher » les faiblesses, mais de recréer une enveloppe thermique quasi parfaite.
La première étape est, encore et toujours, l’évaluation complète. Le test d’infiltrométrie établira votre point de départ (par exemple, 8 CAH). La modélisation énergétique déterminera ensuite un objectif ambitieux mais réaliste, comme viser moins de 1.5 CAH, la norme Novoclimat. La feuille de route pour y arriver est claire et s’attaque à l’enveloppe de manière holistique, du bas vers le haut. On commence par l’étanchéisation méticuleuse de toutes les fuites d’air identifiées, avec une attention maniaque pour la solive de rive, les pourtours des fenêtres et toutes les pénétrations de services (plomberie, électricité).
Ensuite vient l’isolation systémique, en visant des valeurs R élevées et continues pour minimiser les ponts thermiques : R-17 minimum pour les murs de fondation (souvent par l’extérieur), R-24.5 pour les murs hors-sol, et R-50 à R-60 pour la toiture. Ces travaux sont souvent l’occasion de moderniser le système de chauffage, ventilation et climatisation (CVC) en optant pour une thermopompe centrale à haut rendement et un VRE (ventilateur récupérateur d’énergie) certifié. Finalement, le remplacement des fenêtres par des modèles à triple vitrage adaptés à la zone climatique 3 (Montréal) complète la transformation. Le résultat ? Des économies substantielles, comme le démontre l’objectif de la certification Novoclimat qui vise 25% d’économies sur les coûts de chauffage par rapport à une construction standard.
Cette approche intégrée est la seule qui permette de faire un bond quantique en matière de performance, de confort et de valorisation de votre propriété.
- Étape 1 : Évaluation et Modélisation : Réaliser un test d’infiltrométrie complet pour établir le CAH de base et utiliser une caméra thermique pour identifier tous les ponts thermiques et fuites d’air.
- Étape 2 : Étanchéisation de l’enveloppe : Sceller de manière agressive la solive de rive, l’entretoit et toutes les pénétrations (tuyauterie, câblage) avec des mousses et des membranes. L’objectif est de passer sous la barre de 1.5 CAH.
- Étape 3 : Isolation Systémique Continue : Isoler les fondations (R-17 min.), les murs (R-24.5 min.) et le toit (R-50 min.) en s’assurant de la continuité de l’isolant pour éliminer les ponts thermiques.
- Étape 4 : Modernisation CVC : Remplacer les vieux systèmes par une thermopompe centrale ou murale à haute efficacité et un VRE certifié pour assurer une ventilation contrôlée.
- Étape 5 : Fenestration Performante : Remplacer les anciennes fenêtres par des modèles à triple vitrage avec gaz argon, certifiés Energy Star pour la zone climatique 3.
En adoptant une approche systémique et en suivant un plan d’action logique, vous pouvez non seulement affronter l’hiver québécois avec sérénité, mais aussi transformer votre maison en un actif plus confortable, plus sain et plus économique. Pour transformer ces connaissances en économies réelles, l’étape suivante consiste à faire réaliser une évaluation énergétique par un conseiller certifié afin d’obtenir votre plan de bataille personnalisé.